Artisans du bâtiment : la mobilité, au cœur de votre métier

Entre deux chantiers, votre VUL accumule les kilomètres et les coûts. Voici quelques données clés et solutions concrètes pour faire de votre mobilité un véritable levier pour votre activité.

Pour un artisan du bâtiment, une journée commence rarement à l'atelier. Elle commence au volant, chargement à bord, cap sur le premier chantier. La mobilité n'est pas un accessoire de l'activité : c'est l'activité elle-même. Et pourtant, c'est souvent le poste le moins bien piloté. Quelques repères concrets pour y voir plus clair.

Le BTP artisanal : un secteur qui roule... et pas qu'un peu

En Auvergne-Rhône-Alpes, une étude menée par la Chambre de Métiers et de l'Artisanat en partenariat avec le Cerema révèle que les entreprises artisanales du bâtiment parcourent en moyenne 32 000 km par an par entreprise, soit environ 75 à 100 km et 3 à 4 déplacements par jour. Pour l'ensemble de la région, cela représente 2 milliards de kilomètres parcourus chaque année , soit 50 000 fois le tour de la Terre ¹.

 

L'outil de travail numéro un ? Le VUL (véhicule utilitaire léger), qui représente 75 % du parc des artisans du bâtiment. On compte en moyenne 1,8 véhicule par entreprise pour un effectif de 2,6 personnes. Ce parc est composé à 99 % de motorisation thermique , et à 94 % diesel , quelle que soit la zone géographique (ville, périurbain ou rural). L'âge moyen de ces véhicules atteint 8,4 ans , et près d'un quart du parc a plus de 12 ans. Pour beaucoup d'artisans, le VUL est un compagnon de route qu'on garde longtemps, ce qui rend d'autant plus important de bien l'entretenir et d' anticiper son renouvellement.  

Artisan du BTP planifiant l'organisation de ses tournées de chantier

Organiser ses déplacements : une force que vous avez déjà

Bonne nouvelle : les artisans du BTP ne partent pas de zéro sur ce sujet. 69 % d'entre eux ont déjà mis en place une organisation efficiente de leurs chantiers pour limiter les allers-retours inutiles, et 78 % optimisent leurs déplacements annexes (approvisionnement chez les fournisseurs, déchetterie, retour au dépôt ¹). Ce sont de très bonnes pratiques, qui font gagner du temps, de l'énergie... et du carburant.

 

Voici quelques autres leviers simples qui font une vraie différence :

 

  • Regrouper les chantiers par zone géographique sur une même journée ou demi-journée
  • Planifier les approvisionnements en dehors des heures de pointe pour éviter les bouchons
  • Anticiper les trajets de retour pour limiter les déplacements à vide

 

Une formation à l'éco-conduite peut également apporter des résultats concrets et durables : elle réduit la consommation de carburant de 8 à 12 % en moyenne, mais seulement 11 % des artisans en ont suivi une ¹. C'est pourtant un levier encore très accessible, à la fois simple à mettre en œuvre et rapidement rentable.

Artisan du bâtiment calculant son coût de revient au bureau

Connaître son coût de mobilité : un avantage compétitif

C'est l'un des enseignements les plus parlants de l'étude sur la mobilité des artisans du bâtiment : 36 % des entreprises ne prennent pas en compte le coût de déplacement dans leur prix de revient , et seulement 13 % répercutent le coût réel de ce poste dans leurs devis. 25 % appliquent un forfait, souvent estimé de façon approximative ¹.

 

Ce n'est pas une critique, c'est une réalité de métier. Quand on est sur le chantier de 7h à 18h, on ne pense pas forcément à valoriser les 40 km de route pour y arriver. Mais c'est précisément là que se jouent une partie des marges.

 

Calculer son coût réel de mobilité est plus simple qu'il n'y paraît : il s'agit d'additionner le coût du carburant, l'entretien du véhicule (pneumatiques, vidanges, révisions), l'amortissement sur sa durée de vie estimée, et l'assurance. Ramené au kilomètre, ce chiffre peut ensuite être intégré dans vos devis sous forme d'un forfait de déplacement transparent, ou d'une ligne dédiée pour les chantiers éloignés. C'est un geste simple qui améliore à la fois la rentabilité et la lisibilité de vos propositions.

Deux artisans du bâtiment en discussion devant leur véhicule sur un chantier

En 2026, anticiper pour garder le cap

Les artisans du BTP abordent 2026 avec de vraies raisons d'être confiants. Les carnets de commandes remontent à 80 jours de travail à venir en moyenne, soit 10 jours de plus qu'un an auparavant. Les ventes de logements anciens progressent de +12 % sur un an, et les crédits à l'habitat affichent une hausse de +27,1 % : la demande est bien là ².

 

Pour autant, les tensions géopolitiques récentes ont provoqué une hausse des prix du pétrole qui se répercute directement sur les coûts des artisans. Selon la CAPEB (Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment), 3 entreprises sur 10 déclarent un impact important ou très important, notamment via les déplacements vers les chantiers, cités par 85 % des entreprises concernées ². Un contexte qui appelle à anticiper plutôt qu'à subir.

 

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¹ CMA Auvergne-Rhône-Alpes / Cerema, Mobilité des entreprises artisanales du bâtiment en Auvergne-Rhône-Alpes, 2020.

² CAPEB-Xerfi, Note de conjoncture du 1er trimestre 2026, avril 2026.

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